Le Stade Rennais, une équipe de chocs

Ligue1 ~ Journée 5 ~ 26.09.2020 | AS Saint-Etienne 0-3 Stade Rennais

Au regard des résultats de ce début de saison de Ligue 1, le calendrier du Stade Rennais est pour le moins costaud. Mais après cinq journées, les Rouge et Noir réalisent le meilleur début de championnat de son histoire avec 13 points pris sur 15 possible. Impressionnant. Il faut savourer, mais ne surtout pas s’enflammer.

Depuis son entame de championnat à Lille, les Rennais séduisent par leur jeu et leur organisation collective. Un jeu qui respire la sérénité, la cohérence, la conquête. C’est un Stade Rennais sûr de sujet qui a commencé cette saison 2020/21 comme un boulet de canon. Même mis en difficulté et secoués comme lors du match face à Monaco, les hommes de Julien Stéphan sont capables de puiser au fonde de leurs ressources pour aller arracher une victoire dans le temps additionnel et affichent un état d’esprit collectif qu’on serait à la limite de qualifier d’irréprochable.

Au bout de cinq journées de championnat, il est encore beaucoup trop tôt pour se prendre à rêver ou tirer quelques conclusions. Mais des enseignements, ça oui il y en a. Et ils peuvent déjà servir de bases solides à l’équipe et au staff pour continuer à produire ce qu’ils produisent et apporter du plaisir à leurs supporters qui, malheureusement pour la plupart d’entre eux, sont sevrés de stade en ces temps troublés sur le plan sanitaire.

Du caractère, mais pas que

C’est une équipe qui ne lâche rien, a-t-on entendu après le match face à Monaco. On l’a vu aussi lors de la première journée quand il a fallu aller égaliser à Lille. Rennes est capable de renverser des situations mal engagées. On avait déjà goûté à ce type de scénario la saison passée. Mais ce n’est pas un goût de dés. Certes il y a bien une part de réussite, mais cette capacité à revenir dans un match voire à en inverser le sort, s’appuie aussi sur le parfait équilibre entre la présence athlétique dégagée par l’équipe et son aisance technique. On ne finit pas ses matchs mieux que son adversaire par hasard. Les Rennais ont entamé cette saison avec une excellente condition.

Ce coffre, il est indispensable dans le milieu à 3 autour duquel Julien Stéphan construit son organisation. Il a les joueurs pour : avec N’Zonzi en sentinelle et Camavinga et Bourigeaud qui savent se projeter vite vers l’avant à la récupération. Jonas Martin, James Lea-Siliki sont des doublures crédibles et expérimentées, même s’ils semblent en dessous sur le plan technique. Car le coffre de ce milieu à trois ne suffirait pas à expliquer l’excellent début de saison des Rouge et Noir. L’aisance technique de ce milieu met au diapason le reste de l’équipe. Quand il s’agit de jouer la profondeur en contre-attaque, ou plus sur la largeur pour contourner un bloc regroupé, la qualité de passe et des renversements du jeu garnissent aussi cette palette très complète.

Autour de ce milieu à trois, ce qui ressemble à l’équipe type de Stéphan est tout aussi flamboyant. Des deux latéraux Faitout Maouassa et Hamari Traoré – et leur apport offensif précieux – une charnière Da Silva – Aguerd aussi efficace qu’élégante – même s’il reste des réglages à opérer – un trio offensif avec Guirassy en pointe qui effectue un indispensable travail de sape tout en restant précis face au but et des ailiers qui peuvent tourner en Raphinha, Terrier, Tait et Del Castillo.

Le SRFC répond présent

Après Lille, qu’on sait être un cador de la Ligue 1, les Rennais ont eu à affronter Montpellier, qui occupe le haut du tableau, Nîmes chez eux, ce qui n’est jamais évident, Monaco alors sur le podium, et enfin Saint-Etienne, leader. A chacun de ces chocs, le Stade Rennais s’est comporté comme une équipe de tête. Jouer « petits bras » ne fait partie de son répertoire. Le Stade Rennais joue pour gagner, comme ça ne lui est pas arrivé depuis longtemps dans son histoire. Et le goût de la victoire vient en mangeant ses adversaires.

Certes, jouer à l’extérieur a une autre teneur sous le Covid, avec la jauge limitée et les huis clos. Mais à Lille, à Nîmes comme à Saint-Etienne, le Stade Rennais a été efficace sur le plan offensif. Limite redoutable avec 8 buts inscrits. Les Rennais étonnent par leur capacité à être dangereux et réalistes sur différentes phases de jeu : coups de pied arrêtés, contre-attaques, attaques placées. Ce qui offre une multitude de possibilités.

Dans le duel au sommet inattendu de cette 5e journée de Ligue 1 face à Saint-Etienne, dont on a senti tout le poids de la jeunesse, le Stade Rennais a fait parler sa polyvalence. Au final, les trois buts d’écart reflètent assez bien le fossé qui sépare les deux équipes. Capables d’occuper le camp stéphanois et de considérablement gêner la relance adverse, capable d’évoluer plus bas une fois devant au score, et de porter l’estocade en contre. La victoire à Geoffroy-Guichard est un bon résumé de l’éventail d’une partie des armes offensives sur lesquelles le Stade Rennais pourra s’appuyer cette saison : la patte de Bourigeaud, le timing d’Aguerd, les débordements de Del Castillo, la finition de Guirassy, la vista de Raphinha, le sens du but de Hunou. Liste non exhaustive.

Après avoir réalisé un quasi sans-faute lors de ce cycle de cinq matchs, dont quatre adversaires directs, face à des équipes qui ont en commun de n’avoir pas bétonné derrière, c’est un nouveau cycle de quatre matchs qui attend les Rouge et Noir face à des équipes plutôt destinées à la deuxième partie de tableau : Reims, Dijon, Angers et Brest. Face à ces équipes là, le Stade Rennais ne réussit pas toujours à enchaîner. Les plus mauvais matchs de l’ère Stéphan ont même probablement été réalisés face à Reims et Dijon la saison passée. Ces quatre matchs, au milieu desquels la Ligue des Champions viendra s’insérer, constituent un vrai test à prendre au sérieux. C’est aussi dans sa capacité à ne pas semer bêtement des points en route qu’on pourra mesurer si le club est en train de réellement changer de stature.

Le banc au rendez-vous

Le coach Stéphan dans ses choix de coaching a plutôt été bien inspiré depuis qu’il est à la tête de l’équipe première. Et cette saison n’y déroge pas. Il a su aussi très vite s’adapter à cette nouvelle règle post-confinement de 5 remplacements autorisés en trois fois. Si sur le papier elle modifie en partie les rapports de force à l’avantage des effectifs mieux armés, cette règle a l’avantage de permettre de concerner plus de joueurs. Et son utilisation n’est pas une baguette magique. Elle nécessite une fine lecture du cours des matchs. Et Julien Stéphan a montré qu’il était largement au dessus de la moyenne dans ce domaine.

Saint-Etienne et Bouanga se sont heurtés à la parfaite organisation et à la maîtrise collective du SRFC.

Ces quatre derniers joueurs ont aussi fait parler leur efficacité offensive en sortant du banc. Pas moins de 4 buts et 4 passes décisives viennent de joueurs sortis du banc. Et des buts décisifs face à Lille et Monaco qui ont, sur le plan comptable, rapporté 4 points qui valent cher face à deux adversaires directs. Dire que la force de Rennes cette saison c’est son collectif n’est pas une parole creuse ou démagogique. Bien sûr, il y a des individualités qui semblent indispensables et pourtant Rennes a renversé la situation face à Monaco, sans Camavinga, ni Raphinha sortis par le coach, et sans Maouassa sorti sur blessure. Sur ce match, la prestation de Truffert a marqué les esprits (une passe décisive et un but dans les arrêts de jeu), mais depuis le début de la saison, on peut aussi mettre en avant les entrées en cours de match de Romain Del Castillo – quand il n’est pas titularisé – ou encore le remplacement au pied levé de Traoré et Boey par Brandon Soppy sur le côté droit. Et des joueurs comme Tait ou Jonas Martin ont encore de la marge pour retrouver leur véritable niveau.

Un début de stabilité qui paye

Retrouver le Stade Rennais au rendez-vous après cinq journées de championnat n’est pas si surprenant. Ce début de saison est à replacer dans la continuité du travail réalisé par Julien Stéphan et son staff depuis sa prise de fonction en décembre 2018. Son management, sa communication, ses principes de jeu, tout a séduit les supporters rennais. Et l’adhésion des joueurs au projet est manifeste, quand bien certains journalistes ont voulu nous vendre un début de crise durant l’intersaison.

Après une demi-saison en 2018/19 où il est arrivé en remplacement de Sabri Lamouchi, limogé, une deuxième saison historique en 2019/20 où il a du repartir avec un effectif amputé à 60 % de ses titulaires, transférés, il a pu enfin faire une préparation entière en ayant pu conserver de nombreux joueurs constituant son ossature : Traoré, Maouassa, Da Silva, N’Zonzi, Camavinga, Bourigeaud et Raphinha, éléments essentiels de la 3e place obtenue la saison passée, sont restés. Des cadres ou titulaires à qui il faut ajouter les Del Castillo, Tait ou encore Hunou. La présence de tous ces joueurs a permis à l’équipe de se projeter dans la saison avec beaucoup plus de repères, d’automatismes et de certitudes. Autant d’éléments qui n’ont pu que faciliter l’intégration rapide est pleine d’aisance de jeunes comme Brandon Soppy et de recrues intelligement choisies comme Terrier, Guirassy et Aguerd.

Certes pour pouvoir jouer sa carte en Ligue des Champions, le SRFC cherche depuis longtemps un défenseur central de niveau international mais peine à concrétiser ses pistes. Et, depuis le départ d’Edouard Mendy pour Chelsea, le recrutement d’un gardien est devenu indispensable, même si Romain Salin remplit l’intérim avec beaucoup de brio et d’assurance. Des noms sont sortis dans la presse, mais c’est le Dijonnais Alfred Gomis qui tiendrait la corde. Trouver un gardien n°1 aussi tardivement dans le mercato est la principale difficulté Florian Maurice.

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